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Toxicité et dangers de l’argentique à travers les âges

 


La photographie argentique, bien que fascinante et riche en histoire, comporte des risques importants liés à la toxicité et à la dangerosité des matériaux et produits utilisés.

Cet article explore les différents dangers associés à cette pratique, depuis les produits chimiques de développement jusqu'à la radioactivité de certaines lentilles, en passant par les risques d'incendie ou d'explosion.


1. Produits chimiques de développement


Les processus de développement argentique impliquent l'utilisation de divers produits chimiques qui peuvent être toxiques, irritants ou corrosifs. Voici les principaux :


a) Développeurs

- Contiennent souvent de l’hydroquinone, du métol ou du phénidone. Ces substances peuvent causer des irritations cutanées, des allergies et, à long terme, des troubles respiratoires.

- Toxicité chronique : Certains développeurs, comme ceux à base d'hydroquinone, sont classés comme potentiellement cancérigènes.


b) Fixateurs

- Contiennent du thiosulfate de sodium ou de l’hyposulfite. Bien que relativement peu toxiques, ils peuvent irriter la peau et les yeux.

- Des fixateurs contenant des sels d'ammonium peuvent dégager des gaz toxiques en cas de mauvaise manipulation.


c) Bains d'arrêt

- Souvent à base d’acide acétique. Leur manipulation sans ventilation adéquate peut provoquer des irritations des voies respiratoires.



2. Pellicules et émulsions


a) Substances Toxiques

- Les pellicules anciennes contenaient parfois des sels de cadmium ou de mercure, hautement toxiques.

- Les émulsions photographiques peuvent inclure des composés de bromure d’argent, dont l’inhalation ou le contact prolongé peut irriter la peau et les muqueuses.


b) Risques de Dégradation

- Avec le temps, certaines pellicules peuvent dégager des gaz acides ou des substances volatiles nocives.



3. Radioactivité des lentilles


Certaines lentilles anciennes, fabriquées avant les années 1970, contiennent des éléments radioactifs comme le thorium ou l’uranium, utilisés pour améliorer l’indice de réfraction et la clarté optique.


Exemples notables :

- Lentilles Takumar d'Asahi Pentax.

- Certaines lentilles anciennes de Canon, Nikon et Kodak.


Risques :

- Exposition prolongée pouvant augmenter légèrement le risque de cancer.

- Les lentilles contaminées peuvent également émettre de faibles radiations même lorsqu’elles ne sont pas utilisées.



4. Piles et flashs


a) Piles Anciennes

- Certaines piles au mercure, utilisées dans les anciens appareils photo, sont hautement toxiques et interdites aujourd'hui.

- Risques : fuite de mercure, contamination environnementale.


b) Flashs à Décharge (Flash au Magnésium)

- Flashs des années 1920-1950 : utilisait de la poudre de magnésium, très inflammable.

- Risques : explosions et incendies lors d'une mauvaise manipulation.



5. Autres risques : incendies et explosions


- Films Nitrate : utilisés dans les débuts de la photographie et du cinéma, ces films sont hautement inflammables. Ils s’enflamment spontanément à partir de 150°C et dégagent des gaz toxiques.

- Films Acétate : plus sûrs, mais peuvent tout de même se dégrader en dégageant de l’acide acétique.



6. Produits à eviter d’acheter absolument


En brocante ou sur des sites de revente, évitez les produits suivants :

- Films nitrate.

- Lentilles contenant du thorium (se renseigner avant d’acheter)

- Produits chimiques non étiquetés ou ayant une odeur forte et suspecte.



7. Équipements de Protection Individuelle (EPI)


En fonction de l'activité photographique, il est crucial de se protéger :


a) Chambre noire (développement de films)

- Gants en nitrile (normalement de couleur noire): protègent des irritations chimiques.

- Lunettes de protection : préviennent les éclaboussures de produits chimiques.

- Masque anti-vapeurs (éventuellement): indispensable pour éviter d’inhaler des fumées toxiques, surtout en cas de mauvaise ventilation.


b) Manipulation de lentilles radioactives

- En cas de doute, passer l’objet devant un dosimètre ou un compteur de radioactivité.

- Évitez tout contact prolongé ou rapproché (stockage à distance).


c) Flashs anciens et films inflammables

- Travaillez dans un environnement bien ventilé et loin de sources de chaleur.

- Stockez les matériaux inflammables dans des conteneurs ignifuges.



Conclusion


La photographie argentique, bien que riche en tradition et en charme, doit être pratiquée avec précaution. Les avancées modernes en matière de sécurité permettent d’éviter bon nombre des dangers associés aux anciennes pratiques. Cependant, il est crucial de se renseigner, de manipuler les produits avec soin et d’utiliser les équipements de protection adaptés.


Pour une pratique sûre, il est recommandé d'utiliser des produits récents et conformes aux normes de sécurité actuelles, et d'éviter les achats douteux en brocante sans informations précises.

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