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Mon processus de developpement du film

Le developpement du film noir et blanc (car je ne parle que de noir et blanc) représente l'étape la plus délicate du processus photographique argentique.

- Dans le noir absolu, ou dans un manchon (voir l'article sur l'équipement du labo), j'ouvre la cartouche du film à l'aide d'un décapsuleur (à bière...), j'extrait l'ensemble du film de la cartouche, je recoupe l'amorce du film et je rogne les angles, afin qu'il penetre mieux dans la spire.

Au toucher, je repère le déput de la spire, et j'y fais glisser l'amorce du film recoupée. J'actionne les fnacs de la spire pour faire entrer le film.  A la fin, je recoupe le film pour libérer la bobine. Je place la spire dans la cuve, sans oublier le tube central et l'anneau de blocage (s'il y a un): en effet, dans une grande cuve, si la spire n'est pas complètement immergée dans les chimies, le developpement sera gaché.

- A la lumière, j'attaque le developpement, en faisant bien attention à la temperature des bains; pas de choc thermique, toxique pour l'émulsion, et la temperature du revelateur, entre 18° et 26°, conditionne la durée de développement.

Je commence par tremper le film: 1 minute dans l'eau, pour enlever le voile et mouiller l'émulsion. L'eau du robinet, pas trop froide, convient bien. Puis vidage.

Je verse le révélateur préparé à l'avance, 300 ml par film 135 ou 120. La durée de developpement est donnée par le fabricant, et doit être modulée en fonction de la température suivant l'abaque (celui fourni par Ilford convien bien à mes films Foma).

Je tape la cuve sur le plan de travail, pour décoller les bulles du film, je la retourne pendant 30 secondes, puis je  la retourne deux foix toutes les minutes. Je n'oublie de mettre en route le minuteur. A la fin, selon le type de revelateur, je le récupère dans la bouteille, ou je le jette (revelateur usage unique). Aussitot, je remplis la cuve avec le bain d'arrêt (mélange de vinaigre blanc et d'eau), je trempe 1 minute puis je vide.

Je peux ensuite remplir la cuve avec le fixateur, je procède comme avec le révélateur. Le temps de fixage est donné par le fabricant. C'est un temps minimum, qu'on peut augmenter avec l'usure du mélange. Puis on récupère le fixateur.

Pour le rinçage, j'opère comme suit: un remplissage-retournement-vidage, puis je recommence en retournant 5 fois, puis 10 fois, puis 20 fois, et enfin 40 fois, le tout à l'eau du robinet. C'est le rinçage Ilford.

Pour le dernier rinçage, j'utilise de l'eau déminéralisée, trempage une minute. Si l'on n'a pas d'eau déminéralisée, de l'eau du robinet avec une goutte de produit mouillant, ou de liquide de rinçage pour lave-vaisselle.

On peut extraire la spire et, eventuellement, l'essorer dans une essoreuse à salade.

L'extraction du film de la spire nécessite beaucoup de soin. Il faut maintenir le film tendu en lestant la première extrémité avec une pince à linge (ou une pince spécialement lestée...) Le film ne doit entre en contact avec aucun objet, car l'émulsion est fragile. Avec une seconde pince à linge, j'accroche l'autre extrémité du film à un cintre (par exemple) et je laisse sécher au moins 6 heures.

Et, surtout, on ne fait pas ça (jamais, never, verboten...):

Une main entrain d'essorer un film
Interdit! Dangereux!
Une main entrain d'essorer un film
Interdit! Dangereux!
Une main entrain d'essorer un film
Interdit! Dangereux




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